A vos plumes !
Bonjour,
N'hésite surtout pas à t'inscrire sur ce forum. Je suis persuadé que tu t'y plairas, d'ailleurs ici personne n'est mécontent. Alors vient partager tes textes et ta soif de lectures avec nos écrivains.
Amicalement, en espérant vous voir bientôt sur le forum.
xAudrey =)



 
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 Doux théâtre.

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MessageSujet: Doux théâtre.   Sam 16 Oct - 21:26

Je suis passionnée de théâtre, j'ai voulu écrire un petit texte sur cette passion qui me consacre du temps et pour laquelle je donnerais, je crois, ma vie. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

La salle était bondée. De part et d'autres des entrées encore des gens se laissait guider par la douce musique d'ambiance et, debout là ils laissaient leur yeux se perdre avec douceur dans l'immense théâtre. Les sièges rouges sang, dont les broderies scintillaient de leur couleur or, étaient tous occupés. Les premiers rangs étaient principalement réservés aux hommes hauts placés, bien que quelques femmes sortent du lot. Au premier étage, de bien loin, on apercevait des gens s'agiter dans leur sièges. Des femmes debout bougeaient sans cesse, impatientes mais radieuses dans leurs costumes pailletés, leurs robes aux couleurs claires, leurs bijoux scintillants d'or et d'argent. Les femmes aux sourires merveilleux auraient pu éclairer à elles seules la grande pièce si des lustres gigantesques ornés de petites bougies n'étaient pas suspendues dans les airs.
Des enfants jouaient dans les allées, le long des sièges. Un petit garçons trébucha, une petite fille laissa tomber sa poupée. Des parents couraient après eux afin de ne pas les perdre, c'était un désordre complet dans une salle élégante et rangée. Soudain le silence se fit dans l'hémicycle. Une porte en bois s'ouvrit à la volée, des talons claquèrent dans la salle. L'entrée de grands hommes, vêtus de costumes blancs aux belles couleur bleus, or et rouges se fit. Sir Damien pénétra dans le théâtre avec grâce, les gens s'écartèrent sur son passage. Respectable homme, vieux d'une cinquantaine d'année, il était adulé de tous. Derrière lui, cachée sous un voile clair et fin, serrée dans sa longue robe blanche cintrée à la taille par un ruban bleu pâle, suivit son épouse. Aussi pâle que ses yeux, ainsi que son collier de diamant. Leur jeune fils tenaient fermement la main de sa mère, dans son petit costume bleu et or. A la suite de la famille royale suivait une horde de comtes, politiciens amis de Damien. Il avait descendu les marches rouges dans le plus grand silence, avec pour seul son le claquement des talons de son épouse.
Je me souviens exactement de la place qu'ils occupaient. Trois sièges au milieu même de la salle, juste sous l'estrade. Sous cette scène où j'avais posé mes pieds pour la première fois à six ans. A présent, j'en ai trente huit.
Tout était si beau, le grand rideau d'un rouge bourgogne s'apprêtait à se lever. Ce n'était qu'une question de temps, on vit descendre les lustres et des hommes éteindre les petites bougies, les unes après les autres. Un grand cri s'élève dans la salle, le rideau s'ouvre sur un décor simple. Une place de village, quelques arbres et une maison à gauche de la scène. Dans les coulisses, les femmes s'élancent sur scène sans hésitation. C'est à mon tour. Je crois, je pense. Je n'en suis plus sûr. Que dois-je faire ? Alors, poussé par une volonté et une détermination extrême, je me lève de mon siège et entre. Récitant mon texte brutalement, j'entre sur scène. Tout mon corps tremble, en ébullition. Les sens dans mon corps s'entrecroisent, je ne ressens que l'émotion du trac. Ce stress qui me monte à la tête, qui m'oblige à réciter un texte que je sais sur le bout des doigts. Ce sentiment me fait vivre, il puise toute mon énergie, m'oblige à trembler comme une feuille, il demeure là au fond de moi et je peux enfin montrer mon vrai visage sur cette scène. Celui qu'aucun ne connaît. Je vis. Ma raison de vivre est immatérielle. C'est ce besoin de stress, de sentiments bouillonnants.
Jouer la comédie, c'est comme si je faisais ça depuis toujours. D'une part, c'est une réalité. Cela fait plus d'une quinzaine d'années que je joue sur les planches. D'une autre, c'est aussi la réalité. Mais détournée. On s'amuse à prendre un rôle qui n'est pas le sien, on le produit d'une manière à soi et on le laisse gifler les spectateurs, les gens qui acceptent de voir leur reflet -pour certains- sous leur yeux. J'aime prendre la peau d'un personnage, le faire souffrir, rire, sourire, l'humilier voir même le torturer jusqu'à ce que je me lasse et en choisisse un autre. Un autre, tout différent de moi. Jamais « quelqu'un » qui me ressemble, jamais ! Imaginez. Une personne identique à son propre personnage qui raconte ses souffrances ? Purement stupide, cela ne serait rien d'autre qu'une plainte. Le théâtre doit être autre chose qu'un paradis de geintes.

Je sors de scène sous un tonnerre d'applaudissements, je suis fier. Je me regarde dans le miroir. Cette fois-ci, c'est moi. Cette fois-ci, je ne joue pas la comédie.
Je ne la joue plus. C'est fini.

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Doux théâtre.

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